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ITALIE
Renseignements pratiques


Ville éternelle devant l’éternel, Rome est l’une des révélations d’un voyage en Italie. Nulle part ailleurs, vingt-huit siècles d’histoire ne sont aussi présents dans une cité. Le centre de la péninsule italienne bourdonne de l’effervescence de ses hauts lieux culturels, de Florence à Assise et de Sienne à Pérouse. Mais sillonner la Toscane et l’Ombrie, c’est aussi goûter à la douceur de la lumière et des paysages, loin des sentiers battus. Plus au sud, un vent d’optimisme souffle sur la cité parthénopéenne, les Napolitains sont réconciliés avec leur ville, qui ne les avait pas attendus pour dégager, elle aussi, un charme irrésistible. Car on a rarement vu de ville aussi émouvante, aussi attachante, mais, en même temps, aussi impalpable. Porte d’Orient et clef du Sud, Naples pourrait bien vous surprendre et vous ouvrir les portes des paysages apuliens et de Calabre…
 
 
Climat
Climat continental dans le Nord, avec des températures plus élevées que les nôtres en été, mais plus basses aussi en hiver. Climat méditerranéen sur les côtes. Les meilleures saisons sont le printemps et l'automne. L'été, il y a beaucoup de touristes et, dans certaines villes, on trouve plus d'étrangers que d'Italiens. C'est aussi la haute saison : la température et les prix montent. Évitez Venise en juillet et en août : en plus des touristes, la ville est envahie d'insectes et d'odeurs nauséabondes (de la lagune polluée). Plus encore que le morcellement du relief qui a ses accès de colère (séisme et volcanisme dans certaines régions), c'est plutôt l'excellente réputation du climat italien qui attire les touristes. Quoi de comparable, pourtant, entre le climat de Venise, qui n'a rien de méditerranéen, et celui de la Sicile intérieure qui annonce déjà celui de l'Afrique voisine ? En ce domaine, il est donc préférable de parler de diversité climatique. Cette diversité climatique explique la diversité de la végétation. Nous retrouvons donc, ici comme ailleurs, la sempiternelle division Italie du Nord-Italie du Sud et l'habile transition qu'offre l'Italie centrale.
 
Géographie
Soudée à l'Europe par la plaine du Pô et les Alpes, l'Italie plonge loin dans la Méditerranée. Cet étirement en latitude fait de notre voisin transalpin un pays intermédiaire entre l'Europe et l'Orient, d'une part, l'Europe et l'Afrique, d'autre part. Foyer de rayonnement grâce à cette position avantageuse qui fit notamment la fortune de Venise (mais aussi grâce au dynamisme de ses habitants), l'Italie fut, en outre, très souvent (et le demeure certains mois d'été à cause de vous et de nous) une terre d'invasion. Comment faire, en effet, pour surveiller efficacement 8 500 km de côtes et contenir simultanément les hordes barbares venant du Nord ? On ne peut, enfin, oublier la gêne (le mot est faible) que cet « allongement » devait occasionner pour les échanges intérieurs entre le Nord et le Sud. Le commerce des marchandises et des idées d'une extrémité à l'autre de la péninsule fut longtemps (le problème étant en grande partie réglé, aujourd'hui, avec la construction de belles routes) d'autant plus difficile que le relief de l'Italie n'est guère comparable à celui des Pays-Bas. Montagnes et collines prédominent en effet, les plaines n'occupant qu'à peine le quart de l'espace italien.
Les Alpes :la chaîne alpine, qui ferme le territoire au nord-ouest et au nord, décrit un grand arc de cercle de la Ligurie jusqu'au Frioul-Vénétie Julienne. Les Alpes occidentales forment, en l'absence de Préalpes, une véritable muraille, haute parfois de plus de 4 000 m, au-dessus de la plaine du Pô. Les Alpes orientales, à la différence des premières, n'entrent pas directement en contact avec la plaine puisqu'elles sont précédées de Préalpes qui s'étoffent progressivement jusqu'au grand massif des Dolomites. Un des attraits touristiques de ces montagnes, aisément franchissables l'été, réside dans la présence des grands lacs allongés (lac Majeur, lac de Côme, lac de Garde...).
La plaine du Pô :dessinant un vaste triangle allongé sur quelque 50 000 km, cette grande plaine fertile abondamment arrosée (d'une hauteur souvent inférieure à 200 m) est plutôt variée malgré l'impression de monotonie qu'elle laisse de prime abord. Partant de Turin et prenant la direction de Venise, vous rencontrerez d'abord des collines et des terrasses, puis les basses plaines alluviales de l'Adige, du Reno et du Pô, et enfin la façade Adriatique (côte basse s'étendant sur 250 km).
L'Apennin et ses bordures :l'Apennin (qui commence en Ligurie) se développe sur plus de 1 200 km du nord au sud. Ce nouvel obstacle naturel (véritable « épine dorsale » de la péninsule) risque d'être gênant si vous vous écartez des routes principales. De part et d'autre de l'Apennin se trouvent une quantité de collines et de petites plaines (ensemble dénommé l'anti-Apennin).
Les îles :les amoureux de l'Italie insulaire, une fois parvenus à Reggio de Calabre, pourront ensuite embarquer pour traverser le détroit de Messine. Que ceux qui souffrent du mal de mer se rassurent cependant, un tunnel ou un pont devrait peut-être finir par relier la Sicile au continent (le projet est en discussion depuis 1955, patience donc). Rien de tel n'est prévu entre la Sardaigne, beaucoup plus éloignée, et le continent. Montagnes et collines prédominent, ici comme ailleurs.
 
Formalités d’entrée
Pour un séjour de moins de 3 mois : carte d'identité en cours de validité ou passeport. Pour les mineurs, une autorisation de sortie du territoire est indispensable. Pour une voiture : permis de conduire à 3 volets, carte grise et carte verte d'assurance internationale. Se munir d'une procuration si vous n'êtes pas propriétaire du véhicule.
 
Jours fériés
Ne pas confondre : giorno feriale qui, en italien, signifie jour ouvrable, avec giorno festivo qui se traduit par jour férié... Ah, ces faux amis ! Les jours fériés et chômés sont à peu près identiques aux nôtres. Ils sont cependant moins nombreux (l'Ascension et la Pentecôte ne sont pas fériés). Mai est donc un mois plus laborieux en Italie qu'en France : 1er janvier : Capodanno. 6 janvier : Epifania ; mais pour tous les Italiens, c'est le jour de la Befana, une gentille sorcière qui circule à califourchon sur son balai de paille. Aux enfants méchants, elle dépose du charbon dans la chaussette suspendue à la cheminée. Aux gentils, des confiseries et des cadeaux. Ah ! qu'il est loin le bon temps de l'enfance. Lundi de Pâques : Pasquetta. 25 avril : Liberazione di 1945. 1er mai : Festa del lavoro. 15 août : Festa dell'Assunta, Ferragosto. 1er novembre : Ognissanti. 25 et 26 décembre : Natale et Santo Stefano. Sont aussi considérés comme des jours semi-fériés les 14 août, 24 et 31 décembre. Certaines fêtes comme celle du 15 août peuvent durer plusieurs jours et paralyser une grande partie de la vie économique.
 
Horaires
 
Banques : Elles sont ouvertes du lundi au vendredi de 8 h 30 à 13 h 30 et de 15 h à 16 h. Certaines sont ouvertes le samedi matin mais c'est plutôt rare. Certaines n'effectuent pas de change l'après-midi. Ils relèvent souvent de la plus haute fantaisie.
Restaurants : De 12 h 30 à 15 h et de 19 h à 23 h (plus tard dans les endroits touristiques). Il faut savoir que les Italiens ne déjeunent pas avant 13 h, voire 13 h 30. Quant au dîner, c'est rarement avant 21 h. La possibilité d'être servi jusqu'à 23 h et au-delà n'a rien d'exceptionnel.
Églises : Ouvertes, généralement, tôt le matin pour la messe. Ferment ensuite au moment du déjeuner, pour rouvrir, souvent, à partir de 15 h ou 16 h. On arrive à les visiter parfois le samedi et le dimanche, en raison des nombreux mariages. Les églises-musées ont des horaires plus souples mais il faut savoir que certains édifices religieux n'ouvrent jamais leurs portes.
Postes : Du lundi au vendredi de 8 h à 13 h ou 14 h ; le samedi ainsi que le dernier jour du mois, de 8 h 30 à 12 h. Dans les grandes villes, la poste centrale est ouverte l'après-midi. Fermeture fréquente le samedi après-midi pendant l'été.
Bureaux et administrations : Ouverts le matin seulement.
Magasins : Leurs horaires varient selon les régions et la période de l'année. En règle générale, ils sont ouverts de 9 h à 13 h et de 16 h à 19 h 30, et toujours fermés le dimanche et une demi-journée par semaine (souvent, le lundi matin, à l'exception des magasins d'alimentation qui ferment le mercredi après-midi). Fermeture fréquente le samedi après-midi pendant l'été.
 
Poste
 
Elle bat les records de lenteur dans l'acheminement des lettres au sein de l'Europe, qu'il s'agisse de la poste d'un petit village ou de celle d'une grande ville. 8 à 10 jours pour l'étranger est chose courante, et 5 jours sont nécessaires pour traverser la Botte ! Compter 0,45 euros (en normal) pour une carte postale et pour une lettre (0,5 euros et plus hors Europe). Depuis peu, la poste italienne a mis en circulation un timbre «Posta prioritaria» à 0,6 euros qui permet d'envoyer une lettre en un temps record (1 journée pour l'Italie et 2/3 jours pour l'étranger : un peu plus cher mais ça marche !). Pour se faire adresser du courrier en poste restante, tenir compte des délais d'acheminement et demander à l'expéditeur de rédiger l'enveloppe avec la mention : Fermo Posta, Posta centrale di..., et le nom de la ville en italien, précédé, si possible, du code postal comme en France.
Téléphone
 
L'Italien semble être atteint de téléphonite aiguë ; il ne quitte jamais son téléphone cellulaire, l'indispensable telefonino, lancé en 1990 pendant le Mundial. Pour obtenir des informations par téléphone, composez le : 12. Pour un appel en PCV a carico, c'est-à-dire « à la charge », faites le 15 ou le 170. Pour appeler l'Italie en PCV depuis la Belgique, composez le 1324, depuis le Luxembourg, le 0010, du Canada, le 01139 et de la Suisse, le 0 800-55-14-41 (24h/24h). À l'inverse, si vous voulez appeler en PCV depuis la France vers l'Italie vous devez composer le : Tel : 08-00-99-00-39.
Italie vers France : 00 + 33 + no du correspondant (sans le « 0 » initial du no à 10 chiffres). Pour la Belgique, le code pays est le 32. Pour la Suisse : 41. Pour le Canada : 1. Pour le Luxembourg : 352.
France vers Italie : Attention, composez : 00 + 39 + indicatif de la ville (précédé du 0) + no du correspondant.
 
Langue
 
La langue italienne est certainement la plus mélodieuse qui soit. Ça n'est plus une langue d'ailleurs, c'est une véritable musique. L'Italie, c'est aussi le foisonnement des dialectes : sicilien, sarde, catalan, slovène, occitan, bergamasque, grec et albanais. Ne vous découragez pas : il vous restera toujours la possibilité de joindre le geste à la parole. Les Italiens sont d'ailleurs très forts dans ce domaine, et le ballet des mains tient un rôle important dans les conversations.
 
Argent
 
Monnaie : L'euro a remplacé la lire le 1er janvier 2002. Il faut toujours avoir un maximum de monnaie sur soi, car beaucoup de commerces n'acceptent pas les cartes bancaires (alimentation, supermarchés, péages d'autoroute, musées, stations-service le dimanche, etc.).
Change : Si vous n'appartenez pas à la zone euro, vous aurez besoin de changer de l'argent. Il est préférable d'emporter le maximum de chèques de voyage (en euro ou en dollars américains). Ils ne sont toutefois pas acceptés par tous les commerçants. Les banques ne devraient plus faire de difficultés pour les changer, sous prétexte qu'ils ne sont pas en compte avec la banque émettrice. Enfin, attention au cours et au taux de commission : certains bureaux de change vont jusqu'à prélever 9 % de frais sur la transaction !
Cartes de paiement : De nombreux distributeurs automatiques (Bancomat) acceptant, entre autres, la carte Eurocard MasterCard et la Visa internationale, sont disséminés un peu partout, prêts à satisfaire le moindre de vos besoins. Ces distributeurs, qui ont une traduction en français, permettent théoriquement de retirer 300 € par période de 7 jours. Attention, en Italie, on compose rarement son code ; on signe seulement. Conclusion : une carte volée ou perdue peut coûter très cher.
 
Fêtes et festivals
 
L'Italie a toujours eu le goût de la fête. Les festivités religieuses y tiennent, bien sûr, la première place. Chaque localité a son saint patron et ne manque pas de l'honorer avec faste ; chaque quartier a son saint protecteur et chaque église son saint dédicataire. Mais il y a aussi les fêtes profanes, comme les carnavals.
Les plus célèbres sont ceux de Venise et de Viareggio. Il faut compter aussi avec toutes les manifestations à reconstitutions historiques comme le Palio de Sienne, le Calcio storico de Florence ou la Corsa dei Ceri de Gubbio. Ajoutons aussi les nombreux festivals comme celui du Cinéma à Venise, ceux d'Art lyrique de Vérone ou de Spolète.          
 
Art
 
Véritable "musée vivant", l'Italie possède un éventail de richesses culturelles et historiques rarement égalé en Europe. Difficile de faire un pas sans tomber sur une colonne antique incongrue au beau milieu d'une gare ou sur une église baroque surplombant les ruines d'un forum. Les civilisations et les styles architecturaux se superposent souvent comme les multiples couches d'un plat de lasagnes : vestiges étrusques, grecs et romains, monuments arabo-normands, églises gothiques, palais Renaissance et fontaines baroques. Les musées regorgent de chefs-d'oeuvre de la statuaire gréco-romaine et des grands maîtres de la peinture italienne comme Michel-Ange, Raphaël ou le Caravage.
Aux auteurs latins de l'Antiquité (Virgile, Ovide, Cicéron, Sénèque.) succèdent, dès la fin du Moyen Age, le triumvirat Dante, Pétrarque, Boccace, premiers porte-drapeaux de la langue italienne. Au XIXe siècle, Giacomo Leopardi et Alessandro Manzoni s'illustrent comme les chefs de file du mouvement romantique. Plus près de nous, plusieurs romans d'Alberto Moravia ont été portés à l'écran (Le Mépris, Le Conformiste, L'Ennui). Pour le grand public, c'est cependant Umberto Eco qui symbolise aujourd'hui la production littéraire transalpine.
Inventeurs du solfège mais aussi du violon (les fameux stradivarius), du piano et de l'opéra, les Italiens ont marqué l'histoire de la musique à travers des compositeurs tels que Monteverdi, Vivaldi ou Scarlatti. Les oeuvres de Puccini, Verdi, Bellini et Rossini, illustres représentants du bel canto, continuent d'être chantées avec succès dans le monde entier.
Les célèbres studios romains de Cinecittà ont permis à l'Italie de figurer parmi les précurseurs du 7e art. Les noms de Visconti, Rossellini, Fellini, Antonioni et Bertolucci demeurent indissociables du patrimoine cinématographique international. Qui ne connaît pas la scène d'anthologie tirée de la Dolce Vità où Marcello Mastroianni et Anita Ekberg se baignent dans la fontaine de Trevi. L'actrice Anna Magnani incarne à jamais la femme romaine des quartiers populaires tandis que Sophia Loren et Gina Lollobrigida restent les stéréotypes de la beauté pulpeuse à l'italienne. A l'heure actuelle, de jeunes cinéastes comme Nanni Moretti, Giuseppe Tornatore et Roberto Benigni tentent de redonner un nouveau souffle à un cinéma transalpin en perte de vitesse.
 
 
 
Culture : La saga des marques
 
Le Campari : Davide Campari a très tôt frayé avec l'art appliqué. Dès 1926, il était présent avec sa bouteille de bitter Campari à la biennale de Venise. Une telle fidélité à l'art ne s'usurpe pas. C'est sûrement pourquoi Fellini ne se donna à la pub qu'une seule fois. Pour qui, pour Campari, pardi ! La Ferrari : en 50 ans, 50 000 exemplaires construits en tout, ni plus ni moins. La Ferrari ne s'achète pas chez le premier concessionnaire du coin... Dans l'usine du cavallino rampante, on cultive la précision comme s'il s'agissait d'une maladie congénitale. Aucun spot de pub, aucune annonce. Le mythe à l'état pur. La Fiat 500 : si une marque de lait en brique n'avait pas créé la formule, on aurait dit « l'essentiel est dans la Fiat 500 ». Symbole des années 1960, on allait en famille à la messe, le fichu sur la tête, en 500. 4 millions d'exemplaires vendus de cette minuscule voiture de 3 m de long. Vous avez dit pot de yaourt ? Le Martini : cette boisson qui fait chavirer les yuppies ne date pas d'hier. Il paraîtrait qu'Hippocrate préparait déjà une décoction de fleurs de dictame et d'armoise qu'il ajoutait à son vin. Au cours des âges (les Romains l'ont-ils rapporté de Grèce ?), toute une gamme de fleurs a été ajoutée à la recette. En 1830, M. Martini rachète une cave où l'on produisait ce vin au vermouth. Aujourd'hui, il n'y a qu'un seul Martini (bianco, rosso) mais beaucoup d'autres pâles copies. Un secret de famille ? Oui, il en a un. Mais il est très jalousement gardé. Ferrero... mais oui, le Ferrero Rocher des soirées de Monsieur l'ambassadeur, ça vous dit sûrement quelque chose. Derrière ce nom se cache un empire de la gourmandise. Une famille au goût sûr : Nutella, à la recette aussi secrète et inégalée que le Coca, Mon Chéri et Kinder surprise, c'est eux... sans oublier le fameux Tic Tac. Fabriqué à l'origine à partir de la menthe du Piémont, son nom, reprenant le bruit des bonbons contre la petite boîte en plastique, lui a valu un succès international... Normal, « Tic Tac », ça sonne aussi bien en français qu'en allemand, et les amateurs de bonbons n'ont eu aucun mal à se l'approprier. Quand on sait qu'en plus il est tout doux pour la ligne (à peine deux calories !), on comprend que 30 ans après il continue à déformer nos poches. Mais que ça n'empêche pas les Ferrero de nous concocter autre chose, on est toujours preneur... La Vespa : la « guêpe » est née de l'imagination de Corradino d'Ascanio qui adapta des démarreurs d'avion sur un cadre en tôle aux allures de béluga. Piaggio était en effet une usine aéronautique et l'ingénieur inventa le premier scooter qui lui permettait de se déplacer plus rapidement entre les différents sites de l'usine. Le vinaigre balsamique de Modène : on connaissait déjà l'histoire de la mayonnaise née par hasard à Mahon dans les Baléares. Eh bien, le vinaigre de Modène, c'est kif-kif. Né de l'oubli d'un moût de raisin cuit dans un récipient, sa fabrication s'est largement sophistiquée depuis. Il vieillit dans plusieurs bois (genévrier, mûrier, châtaignier) sous les vieilles poutres des maisons de Modène. Au Moyen Âge, on s'en servait pour se prémunir de la peste ou pour ranimer les femmes évanouies. Sans oublier Barilla, il Mulino Bianco, Nordica, Alessi, Pirelli, Piaggio, les sacs Invicta, Lavazza Gueri et autres...
 
 
Savoir-vivre, coutumes
 
Question mentalité, vie quotidienne, il faut absolument lire Les Ritals de Cavanna, notre maître à tous (Le livre de Poche). Un chef-d'œuvre drôle (chose plutôt rare).
Tenues dans les églises :une tenue correcte est à respecter pour y pénétrer, et tout particulièrement pour la basilique Saint-François d'Assise. Un gardien est là pour vous le rappeler, et il n'a aucune indulgence pour ce qui est considéré comme indécent (à savoir shorts pour les hommes ou robes découvrant les genoux pour les femmes...).
Il pisolino : La sieste (donc il pisolino ou à Rome la pennichella) fait partie des traditions depuis l'Antiquité. L'été surtout, la ville s'endort après le déjeuner. Les boutiques ferment, la circulation se ralentit et les travailleurs de la sixième heure (sieste vient de sexta hora) sont l'exception.
La passeggiata : Une coutume venue du Sud qui s'est propagée dans tout le pays : entre 18 h et 20 h, les rues s'enflent, se gonflent d'une foule extraordinaire qui monte et descend la rue en un rite immuable. Sur le corso ou la piazza, cette traditionnelle promenade du soir était régie autrefois par des règles strictes : seuls les hommes y figuraient dans leur plus beau costume, les souliers pointus brillant comme une lire neuve ; puis les femmes sont venues égayer de leurs toilettes la sombre foule masculine, mais garçons et filles formaient encore des groupes bien distincts où, sous la surveillance attentive de tout le village, le seul langage permis était celui des yeux. Un regard trop appuyé était presque un engagement. Aujourd'hui, les mœurs ont évolué mais la passeggiata demeure.
Course de chevaux du Palio delle Contrade à Sienne : du 02/07/2003 au 16/08/2003. Ces courses à cheval à cru font l’événement, deux fois par an, dans la région. Cette année, elles auront lieu le 2 juillet et le 16 août. Le Palio se joue sur la Piazza del Campo, une place en demi- cercle, où journalistes, politiques, touristes et spectateurs de toute la région affluent. La course fait s’affronter dix fantini (cavaliers) de quartiers différents de Sienne. Parfois amis, parfois ennemis, les concurrents ne peuvent s’adresser à l’adversaire la veille de la course. Concours populaire, traditionnel, sportif mais aussi religieux, puisque le vainqueur, qui représente son quartier, remporte le Palio : un étendard en soie représentant la Vierge Marie. Celui-ci est alors porté à la cathédrale de Sienne et béni avec le cheval et le cavalier. La course est en outre l’objet de nombreux paris officieux. Fête du Rédempteur à Venise : du 19/07/2003 au 20/07/2003. Superbe feu d’artifice tiré entre Il Molo et l’Isola di San Giorgio, en souvenir de la fin d’une épidémie de peste. Processions de gondoles multicolores. Le soir de la fête, les quais de la place Saint-Marc et de l'île de la Giudecca se peuplent de tous les Vénitiens venus partager le repas traditionnel et assister au feu d'artifice. « L’aventure de Pont-Aven et Gauguin » à Naples : du 16/10/2003 au 08/01/2004. Le Musée et Galerie Nationale de Capodimonte célèbrent le centenaire de la mort de Gauguin, à travers l’exposition « L’aventure de Pont-Aven et Gauguin ». Entre Paris et Tahiti, ce peintre voyageur a longtemps séjourné dans le village breton et a influencé de nombreux artistes. Vingt-huit peintres de l’École de Pont-Aven sont exposés dans cette galerie, située dans le parc de Capodimonte. Ouvert de 8 h 30 à 19 h 30 (fermé le lundi).
 
Cuisine
 
Antipasti : Charcuteries (saucissons, prosciutto, bresàola, etc.), salades diverses, crudités, fromages, fruits de mer et petits poissons marinés varient selon les régions et selon les saisons.
Il primo : La place d'honneur revient à la pasta. C'est pourquoi nous lui avons consacré une rubrique spéciale (voir plus loin). Le risotto, ou riz braisé, est plus répandu dans le Nord et le Centre. Le riz (riso) est cuisiné avec des fruits de mer, des petits légumes, des champignons, et agrémenté d'une bonne dose de crème fraîche ou d'une pointe de safran qui rappelle son origine exotique. Les minestre (soupes), souvent réalisées suivant d'anciennes recettes du terroir, sont excellentes. La plus connue est le minestrone, à base de légumes, mais on vous en proposera d'autres : minestra di farro, alla cipolla... La pasta al forno (pâtes au four) comprend les cannelloni (pâte roulée farcie de viande hachée, tomates et béchamel), les lasagnes, les crespelle (crêpes farcies de ricotta et d'épinards), tortellini, ravioli, etc. Dans le nord de l'Italie, on trouve également la polenta, plat d'hiver à base de farine de maïs aux cèpes ou recouverte de sauce rouge, accompagnée de saucisse ou de viande. Les gnocchi n'ont rien à voir avec ce que l'on connaît en France sous ce nom. Les vrais gnocchi sont une préparation à base de fromage (di ricotta), d'épinards et de fromage (verdi), de semoule (alla Romana) ou de pommes de terre (gnocchi di patate). C'est un plat consistant, comme la pasta.
 
Il secondo : Étant donné l'importance du primo, le plat de viande ou de poisson ne joue pas le même rôle que dans nos menus. Le veau (vitello) apparaît sur bien des cartes et dans des préparations très variées : en paupiettes (involtini), en escalope (scaloppina) ou bouilli. La meilleure viande de bœuf est, sans conteste, la bistecca alla fiorentina, servie en Toscane. Il s'agit d'une côte de bœuf grillée sur laquelle on répand, à la fin de la cuisson, de l'huile d'olive, du sel et du poivre (sublime !). Vendu au poids, c'est un plat cher, malheureusement. Le foie (fegato), les tripes (trippa), les côtes de porc (cotoletta ou bracida), le lapin (coniglio), le lièvre (lepre) apparaissent souvent sur les menus. Le poisson est un mets de luxe, y compris sur les côtes. Il est vendu au poids et au même prix que l'argent (le métal).
Il contorni : Les secondi sont toujours servis sans garniture. Il faut donc commander celle-ci à part et la payer en supplément. On vous proposera, selon la saison, des pommes de terre, des légumes ou des salades. Tout le monde connaît la trévise ou la romaine, mais il y en a beaucoup d'autres. Les salades cuites (verdura cotta ou saltare in padella) sont servies froides, sautées à la poêle avec de l'huile d'olive, du citron, de l'ail et du piment. Savoir que ce n'est pratiquement jamais écrit dans les menus, mais cela se fait à la demande.
Il dolci : Les Italiens ne mangent pas beaucoup de sucreries en fin de repas mais les préfèrent faites à la maison, ou alors ils les mangent dans l'après-midi.Un peu partout, on trouve la tarta del nonno, le gâteau maison, souvent très bon. Comment parler des dolci sans évoquer les glaces (gelati), si réputées, ou encore le frullato, purée de fruits allongée de lait ou de glace pilée ? Plutôt que de les consommer dans un restaurant, demandez l'adresse de la gelateria de la ville.
Risotto : Traditionnellement cuisiné dans le Piémont, en Lombardie, Vénétie et le Frioul. Si les primi de Rome et du mezzogiorno se résument pour l'essentiel à la pasta, il en va différemment dans le nord de l'Italie où le risotto occupe une place à part entière.
Pasta (les pâtes) : Premiers producteurs de pâtes sèches, les Italiens sont aussi les premiers consommateurs avec pas moins de 28 kg par personne et par an soit 350 fois 80 g (une quantité normale pour une personne). La pasta fresca : on la rencontre surtout dans le Nord de l'Italie. La pasta secca : dans le Sud de l'Italie (région de Rome comprise), la pasta par excellence est composée de blé dur et d'eau. Derrière cette composition simpliste se cachent des procédés de fabrication relativement complexes articulés autour de quatre temps principaux : le mélange, le pétrissage, la compression, le séchage.
Les tagliatelles ou les pâtes plates : Très différentes des spaghettis de par leur composition même (œufs, farine de blé tendre), ces pâtes rubans sont des pâtes de riches... que l'on fabrique artisanalement. Dans beaucoup de maisons de Bologne notamment, on les fabrique encore. Tout le contraire de la pasta secca, pâtes de « pauvres », fabriquées industriellement. Composées de farine de blé tendre, les tagliatelles se cuisinent plus volontiers avec du beurre. L'huile d'olive, la tomate et l'ail lui sont étrangères. La surcuisson (2-3 mn au plus), ici comme pour les autres formes de pâtes, est synonyme de catastrophe. Trop cuites, les tagliatelles perdent de leur élasticité et deviennent collantes.
 
Boissons
 
Vins : La régionalisation étant assez poussée, on trouve surtout les grands vins près de leur lieu d'origine. Dans toutes les villes, même les petites, il y a le vino della casa, très honnête dans 9 cas sur 10. Si vous aimez les vins moelleux (doux et sucrés), demandez : dolce ; si vous les voulez nouveaux : giovane ; et si vous n'êtes pas satisfait, sachez que aspro signifie aigre. Voici quelques vins du Nord de l'Italie qui méritent d'être goûtés :
Val d'Aoste : La région ne produit que 0,05 % de la production nationale . Près de 12 % des vins de la région ont droit à la DOC Valle d'Aosta, qui est d'ailleurs la seule appellation d'origine contrôlée dans la région
Piémont : Les vins de cette région représentent 5,43 % de la production nationale... Près de 40 % des vins de la région correspondent à une DOC ou, mieux encore, à la DOCG. Les appellations les plus connues sont le barbera (d'Alba, d'Asti, del Montferrato), le dolcetto (d'Alba, d'Acqui... ou d'ailleurs), le grignolino, le moscato d'Asti, le gattinara... et le très grand barolo.
Lombardie : Ce sont des vins rouges légers, mais plus souvent des blancs, voire des rosés. Parmi les grandes DOC, notons l'oltrepo paveser, un vin blanc sec ou un rouge léger. Trentin-Haut-Adige La grande dénomination du Haut-Adige est A.A. : tout un programme qui signifie Alto-Adigio et se décompose en cabernet, pinot (nero, bianco...), müller-thutgau (du très bon). Côté Trentin, la grande appellation est... le trentino. Ce sont généralement des blancs secs, mais on trouve aussi quelques rouges légers comme le lagrein.
 
Vénétie : Plus de 12 % de la récolte nationale sont produits en Vénétie (plus encore 2 % si l'on y ajoute le Frioul-Vénétie Julienne). Ne manquez pas l'amarone (vin rouge corsé).
Ligurie : Les plus fameux sont les blancs secs de la région de La Spezia, notamment les cinqueterre, qui se marient fort bien avec le poisson.
Émilie-Romagne : Dans cette région gastronomique par excellence, les vins ne sont pas en reste : lambrusco (légèrement pétillant et très doux, presque sucré), sangiovese, albana, bianco di Scandiano, etc.
Marches : Ici, on produit surtout des blancs, normal puisque la cuisine est riche en spécialités à base de poisson. Le verdicchio est le plus célèbre.
Café : Il ne semble plus utile d'insister sur la renommée du café italien. Il est, à travers le monde, synonyme de perfection. 3 grands noms se partagent la galette : Giuseppe Lavazza, descendant de Luigi, épicier à Turin à la fin du XIXe siècle, Andrea Illy, dont le prédécesseur, Francesco, créa la première machine à espresso à Trieste, en 1935, et le vendeur de kawa bolognais Massimo Zanetti, aujourd'hui à la tête de Segafredo.
 
 
 
 
           

  

 

 

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